MARSHALL TUCKER BAND : Where we all belong (1974)

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Cet album est cultissime !

Sorti en 1974, c’est un double album avec un disque en studio et l’autre Live. Si la partie studio est bonne – très bonne – la deuxième partie, la partie live, est encore meilleure. Les morceaux Live sont de véritables morceaux d’anthologie (capté lors d’un concert dans le Wisconsin). Avec un Toy Caldwell survolté ( avec Duane Allman, le plus grand des guitaristes southern rock et peut être bien les plus grands tout court)

Moins connu que lynyrd skynyrd ou Allman bros, MTB propose un southern rock différent mais néanmoins plus que jouissif. Plus marqué par la country music, le groupe mélange allègrement les styles avec une très grande maîtrise. 

Le groupe est dirigé par les frères Toy Caldwell (1947-1993, guitare et chant) et Tommy Caldwell (1949-1980, basse et choeurs)

Le mélange de country, de blues, avec un soupçon de funk et de soul, rehaussés par la flûte de Jerry Eubanks qui apporte une touche innovante et originale, font que la musique du MTB est véritablement unique !

L’album studio contient des monuments ! Comme l’hymne This Ol’ Cowboy, un classique du groupe, délicieux mélange de jazz, de country et de western. Ce morceau démarre par ce riff de guitare de Toy qui deviendra très célèbre, faisant de « This Ol’ Cowboy » un titre d’une beauté rare. « In my own way » est une douceur absolue. Montez sur votre canasson, traversez le desert. Vous y êtes, accompagnez par la voix inimitable de Doug Gray, la guitare de Toy Caldwell, et le violon de Charlie Daniels.  » How can I slow down » est juste énorme ! On approche du Live torride. Tout y est. Toy Caldwell s’échauffe, les cuivres sont puissants.

Arrive le LIVE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Un des Live les mieux enregistrés avec un son énorme!! Avec simplement 4 morceaux mais 4 moments d’éternité !

Nous sommes immédiatement inondés par le blues boogie de « Ramblin»”fait de superbes solis de guitare. La complicité entre les 2 frangins Caldwell ( basse , guitare ) est juste impressionnante. Une vraie machine, oui mais avec un swing blues rugissant avec le rythme (et la vitesse) contagieux d’un air de ragtime des années 20. Tout cela accompagné de la flûte flamboyante et du sax jazzy de Jerry Eubanks, le monsieur plus !

Toy Caldwell annonce l’arrivée du grand Charlie Daniels avec son violon et  » 24 Hours At A Time  » peut démarrer. 14 minutes de pur bonheur ! Tout y est. Poussez les potards à fond. Vous partez pour un voyage. L’extase absolue jusqu’au final débridé ou vous ne savez plus quel instrument écouter, même si Toy …

« Everyday I have the Blues« , un standard de BB King. Version ici juste incroyable, pour laquelle même un cadavre pourrait se relever et jouer de la guitare aérienne. Le sommet de l’album. Toy Caldwell est probablement l’un des meilleurs guitaristes de l’histoire ( même Dickie Betts n’était pas à l’aise lorsqu’il devait jammer avec lui), il est ici parfaitement secondé par George McCorkle, l’autre excellent guitariste du groupe. A ce niveau, cela s’écoute et ne se décrit pas !! Jetez vous sur l’album !

 » Take The Highway  » clôture l’album et laisse la part belle à la flûte de G McCorkle jusque l’apothéose avec le dernier solo monumental de Toy.

Si vous n’avez pas de disque de Marshall-Tucker Band (et pas de disque tout court), cet « Where We All Belong » est le disque qu’il vous faut.

Ce groupe fait parti de la cour des plus grands, malheureusement bien trop peu connus dans notre pays ! Cet album est leur chef d’oeuvre et l’un des plus grands albums tous styles confondus !!

A classer à côté du Live at Fillmore East des Allman Brothers Band .

KAZ HAWKINS : Feeling Good (2016)

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De temps en temps – peut-être à chaque génération ou à peu près – arrive un chanteur qui se démarque des autres. Un chanteur dont le talent peut être décrit comme vraiment unique. Kaz Hawkins est juste un tel talent.

Maltraitée toute son enfance par son père, retrouvée pour morte au coin d’une rue, KAZ HAWKINS est une artiste hors du commun. Elle est arrivée à se reconstruire grâce à la musique : « La musique m’a sauvé, quand je chante, je me sens dans l’endroit le plus sûr de la terre ». Cette Irlandaise de Belfast ( et oui encore un immense artiste venu de ce beau pays) est une artiste surprenante autant par sa voix profonde et puissante, son écriture de chansons originales, que par sa personnalité et son charisme. Pleine de vie et d’une présence scénique incomparable, Kaz Hawkins est tout simplement solaire.

Elle est mon COUP DE COEUR de cette année 2020 !

Elle est totalement indépendante, ses albums sont auto-publiés et uniquement disponibles en numérique et elle vient de s’installer en France ! L’occasion de la voir souvent dans nos salles !!

L’album FEELING GOOD est son 2ème album après l’album « Get Ready », indispensable également !
Le 1er morceau de l’album « PRAY » chanté a capella vous met tout de suite dans l’ambiance en vous plongeant dans les origines du Blues et en vous faisant sentir tout de suite que Kaz n’est pas une chanteuse parmi d’autres. Elle est LA chanteuse du moment.

Tous les morceaux de cet album sont excellents mais je ressortirai 2 chefs d’oeuvres : Lipstick and cocaines (live), Because you love me,

Feelin’ Good ‘est vraiment un album qui résistera sans aucun doute à l’épreuve du temps qui passe. Il est sans aucun doute l’un des meilleurs albums de blues/soul de l’année, par l’un des talents les plus doués et uniques de la scène. Les débuts ont valu à Hawkins une série de récompenses bien méritées, cet album vient témoigner de son talent.

John Mayer : Searching for everything (2017)

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Que l’on aime ou que l’on aime pas John Mayer, force est de constater que sa musique est remarquable au sens ou l’on sait tout de suite qu’il s’agit de lui. Notamment son timbre de voix qui est très vite reconnaissable. Il a clairement un univers personnel. Ce qui fait souvent la marque des meilleurs. Un univers dans lequel il a cette faculté de n’être jamais ennuyeux.

Dans cet album, Searching for everything, il a choisi d’être reposant, apaisant, soigné, voir sophistiqué.

Alors oui, il est loin du Blues qu’il a fréquenté plutôt au début de sa carrière et qu’il était capable de parfaitement interpréter mais cet album est intéressant et agréable à écouter !

Allman Brothers Band : Live at Fillmore East (1971)

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La musique des Allman n’a qu’un fondement, le feeling et qu’un but le plaisir. Et c’est en concert que cela prend toute sa dimension. Cet album est une apothéose avant le décès tragique de Duane Allman.

Ce qui frappe d’abord est l’intense chaleur de cette musique et ce perpétuel feu d’artifices. Tout invite a une participation quasi physique à cette musique. Le groupe est clairement à son apogée. Duane Allman, guitariste de génie, s’est totalement affranchi de la réserve qui est le lot des musiciens de studio pour laisser libre cours à son génie. Il est le roi de la slide guitare qu’il est capable de faire pleurer notamment à la fin de « Whipping post ». Dicky Betts, l’autre guitariste est à l’unisson
Gregg Allman chante toujours aussi bien et derrière c’est l’extase rythmique, le swing déchainé : Berry Oakley, bassiste remarquable et les 2 fabuleux batteurs (Jaimoe et Butch Trucks).

Le sommet de cet album est pour moi « In memory of Elisabeth Reed », morceau ou les musiciens sont portés dans une folie créatrice dans laquelle les instruments s’entrecroisent et nous laisse dans un état d’extase.

Cet album est probablement le plus grand live enregistré. Il est souvent cité comme tel par beaucoup de critiques.

L’année 1971 est décidément l’année musicale la plus délirante du 20ème siècle !!

OUTLAWS : Bring it back alive (1978)

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Voila un double album qui restera, avec le fameux « Allman Brothers live at Fillmore east » et le « One more for the road de Lynyrd Skynyrd » une des pièces d’anthologie live du Southern Rock.

Quatre faces d’un rock rougeoyant et incandescent comme la pochette, d’un rock qui fonce têtes et guitares baissées droit devant lui, pour bruler une energie qui semble inépuisable.

Après 3 albums studios parfaits qui les avaient établis comme l’un des plus originaux groupe sudiste, les Outlaws se devaient de laisser un témoignage de tous ces concerts incensés qu’ils avaient donné aux states et qui avaient fait d’eux l’un des groupes les plus incroyables à voir sur scène.

Bring it all alive est ce témoignage, accablant de talent, de puissance et de classe pure. Le groupe se présente avec 2 batteurs et 3 lead guitaristes ! Il faut dire qu’on les appelait la « guitar army » !Et tous ceux que les folles escapades de six cordes réjouissent vont être emmenés au 7ème ciel avec cet album.

Hugie Thomasson, Billy Jones et Freddie Salem se livrent corps et tripes avec un savoir faire ahurissant et qui va crescendo jusqu’à la pièce maîtresse de cet album « Green Grass and high tides » !! Une overdose magnifique qui dure toute une face du vinyl original et qui vous mènera à un point d’extase du rock.

Admirablement mis en son par Bill Szymcczyk, même si les batteries sont peut être un peu trop mis en avant, cet album est un indispensable de toute discothèque.

Storyville : Bluest Eyes (1993)

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Vétérans de très nombreuses sessions de jam blues, les membres de Storyville sont tous des Texans natifs. Le bassiste Tommy Shannon et le batteur Chris Layton avaient joué dans Double Trouble de Stevie Ray Vaughan pendant dix ans avant la mort du bluesman en 1990, et tous deux sont passés aux Arc Angels avant de rencontrer les autres membres de Storyville. Le guitariste principal David Holt a joué sur le premier album des Mavericks et est apparu avec le guitariste rythmique David Grissom dans le groupe de soutien de Joe Ely. Grissom avait acquis sa première expérience de tournée avec John Mellencamp et les Allman Brothers. Le chanteur Malford Milligan, a chanté avec le groupe Austin Stick People avant la formation de Storyville.

« Bluest Eyes » met particulièrement en valeur la voix dominante de Malford Milligan, Il a une voix si riche, puissante et émouvante grâce à son éducation gospel. Sa voix vaut à elle seule l’achat de cet album, ajoutez à cela la section rythmique la plus chaude du Rock et cela vous donne un album High level !

Cet album gagné 6 awards en 1995 à l’ Austin Music Awards, incluant Best Band et Best Single. C’est mérité. Ce disque de rock, blues-rock, southern rock peu importe est a déguster au plus vite.

Leur double album live « Live at Antones » est également remarquable et fortement recommandé.

Peter Wolf : Come as you are (1987)

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Je viens d’acheter cet album en vinyl pour 2 € chez un disquaire d’Amsterdam.
Mais comment est ce possible que l’on trouve quasiment rien sur Internet sur cet album, hormis sur le morceau « come as you are » qui a été en son temps, et aux Etats Unis un gros tube et un clip sympa.
Cet album du Loup sorti en 1987 est, comme toute sa discographie, remarquable. Dans la pure tradition de ses albums solos. Un peu plus sophistiqués (au sens moins brut) et plus arrangés  que les albums du J GEILS BAND mais avec presque autant d’énergie.
Quel gifle ! en particulier la face A. avec l’enchaînement « can’t get started », « Love on ice », « Thick as thieves » et « blues avenue »
Le riff de « Thick as thieves » ouahhhh. rien entendu de pareil depuis celui de « Walk this way  » d’Aerosmith.
Cet album m’a convaincu de compléter ma collection des albums solos du Loup furieux

Un très bel album oublié de la fin des années 80 !

Steely Dan : Can’t buy a Thrill

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Pour un premier effort,  les fondateurs et compositeurs principaux du groupe, Donald Fagen et Walter Becker, ont fait très forts. L’album n’a quasiment pas de point faible et est le premier né d’une série d’albums absolument unique dans le monde musical. Quelqu’un a t’il fait mieux que cet enchaînement de 6 fabuleux albums, jusqu’à la dernière pièce Aja ?

Sur cet album, on y trouve deux gros classiques du groupe : Do It Again (qui ouvre l’album), longue chanson au climat latino à la Santana et génial Reelin’ In The Years, qui ouvre la face B, que l’on peut qualifier de premier ‘tube’ du groupe. «Reelin ‘in the Years» est un véritable classique du rock ! avec ce solo de guitare de Elliot Randall passé à la postérité !!

 Dirty work est également un très beau morceau, plein d’émotions. Sur ce morceau, ce n’est pas Donald Fagen au chant. Donald n’était pas encore confiant dans son chant et il a choisi de partager les fonctions vocales avec David Palmer sur cet album.

Voir à quel point, ils avaient leur son et leurs airs au début de leur carrière est assez impressionnant. Le style unique de Steely Dan transcende bien au-dessus des conventions traditionnelles de ses contemporains (et successeurs) du rock. Moi, ce qui m’impressionne le plus dans ce groupe c’est la modernité des sonorités. Aucun de leurs albums des 70’s n’a pris une ride.

Personne ne devrait s’attendre à ce qu’un premier album soit parfait et Can’t Buy a Thrill  a ses imperfections. Ce que vous cherchez vraiment dans un premier album, c’est la fraîcheur, le potentiel, quelque chose de différent et d’excitant. Steely Dan a livré tout cela et plus dans Can’t Buy a Thrill, 

Bien que le groupe ait cessé de tourner complètement en 1975, ils ont produit suffisamment d’albums acclamés par la critique pour en faire l’un des meilleurs groupes des années 1970.

Janiva Magness : Stronger for it (2012)

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Dès le 1er morceau de cet album, j’ai de nouveau été accro de ce nouvel album de Janiva.  Une fois de plus, la voix de Janiva résonne avec une puissance et une honnêteté brute. Tous ses albums sont du « high level ».

J’ai été très impressionné par la puissance et l’émotion qui se déploient sur cet album.

Ecoutez par exemple « I won’t Cry », morceau lourd, poisseux, bayou qui vous colle à la peau. « Make it rain » ferait se déhancher un glaçon !

En plus de ces merveilleuses compositions, Magness s’autorise quelques reprises éblouissantes de Tom Waits, Matthew Sweet, Ike Turner, Shelby Lynne Moorer et Ray Wylie Hubbard, entre autres.

Javina aurait déclaré que 2011 était l’une des années les plus difficiles de sa vie et elle parvient, ceci explique cela ?, à  nous délivrer un nouvel album très inspiré.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Janiva Magness, vous manquez vraiment quelque chose de très spécial. C’est quelqu’un qui a gagné le droit de chanter le blues comme elle les a certainement vécus. Diffusez la nouvelle, car elle EST la «vraie belle découverte» à faire.

Terry Dolan : Terry Dolan (1972)

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Terry Dolan a fait un disque en 1972 qui n’est jamais devenu un disque. Au moins pas jusqu’à quarante-quatre ans plus tard.

L’histoire de la musique est parsemée d’albums perdus mais que faire si non seulement un album de référence a disparu à temps, mais avec lui un artiste et le potentiel de toute une carrière?

Né et élevé dans le Connecticut, Terry Dolan a pris une guitare à l’âge de 14 ans, absorbant des chansons de Hank Williams et Leadbelly. Inspiré par la scène folklorique naissante du début des années 60, il a abandonné l’université pour poursuivre une carrière. En 1965, il s’installe à San Francisco, trouvant rapidement une place dans les cafés de la ville

Cet album et unique album de Terry Dolan a été coproduit par Nicky Hopkins et Pete Sears (un multi-instrumentiste figurant sur les premiers travaux de Rod Stewart). Il comprenait un casting de rêve de musiciens de la côte ouest des années 70.

Excusez du peu :

Terry Dolan – Guitar, Vocals
*John Cipollina – Guitar, Slide Guitar
*Angie Dolan – Handclapping
*Greg Douglass – Guitar, Soloist
*Spencer Dryden – Percussion
*Mic Gillette – French Horn
*Nicky Hopkins – Arranger, Piano
*Kathi Mcdonald – Vocals
*The Pointer Sisters – Vocals
*Prairie Prince – Drums
*Neal Schon – Guitar, Soloist
*Pete Sears – Bass, Guitar, Keyboards, Piano
*Lonnie Turner – Bass, Wind Chimes
*David Weber – Drums
*Dallas Williams – Vocals

Malheureusement, Dolan n’a pas vécu pour voir la sortie en Novembre 2016. Il est mort d’une insuffisance cardiaque en 2012.

Probablement, un des plus grands albums « jamais sortis ». Un must !!